Accéder au contenu principal
Carnet du ménage

Services à la personne : les chiffres clés de l'emploi à domicile

Services à la personne : les chiffres clés de l'emploi à domicile

Les chiffres des services à la personne en France décrivent un marché de 22,8 milliards d'euros en 2024, 1,3 million de salariés recensés en 2021 et 3,9 millions de ménages utilisateurs selon l'Insee : un emploi à domicile porté par le particulier employeur, les organismes et le besoin d'aide des personnes âgées.

Quatre repères datés

Marché
22,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024 (servicesalapersonne.gouv.fr).
Organismes
82 776 organismes déclarés au 1er janvier 2025, dont 91 % d'entreprises (base NOVA).
Ménages
13,8 % des ménages recourent aux services, soit 3,9 millions de foyers en 2019 (Insee).
Demande à venir
Environ 5 millions de ménages utilisateurs attendus en 2050 dans le scénario central de l'Insee.

Combien pèse le marché des services à la personne ?

Le marché des services à la personne représente 22,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024, selon la page « Études et données » du portail public servicesalapersonne.gouv.fr, consultée en octobre 2026. La Fédésap, fédération d'entreprises du secteur, avance de son côté un ordre de grandeur voisin, « environ 23 milliards », sans préciser l'exercice de référence ni la méthode.

Ce montant agrège des réalités très différentes : le salaire versé par un particulier à l'aide qu'il emploie en direct, la facture d'une entreprise de service qui envoie un intervenant, les prestations d'une association d'aide à domicile financées en partie par le département. Le chiffre d'affaires global ne dit donc rien de la rentabilité d'un organisme pris isolément ; il mesure le poids économique d'un secteur où l'essentiel de la valeur rémunère du travail humain, peu d'équipement et presque aucun stock.

La croissance du marché suit surtout le nombre d'heures réalisées. Les données publiques montrent une demande soutenue par le vieillissement de la population et par les familles qui cherchent un soutien pour la garde d'enfants ou l'entretien de la maison. Le portail public signale aussi une progression de 18 % du nombre d'entreprises entre 2024 et 2025, un indicateur d'attractivité plus que de chiffre d'affaires, puisque beaucoup de ces structures démarrent sous le régime de l'auto entreprise avec un seul intervenant.

Salariés et heures de travail : ce que mesurent les sources

Les services à la personne emploient 1,3 million de salariés en 2021, d'après le même portail public, et totalisent 884 millions d'heures travaillées en 2024. L'Insee, dans son Insee Première n° 2042 du 13 mars 2025, retient pour 2019 « un peu plus d'un million de salariés », dont la plupart à temps partiel, pour environ 400 000 emplois en équivalent temps plein.

L'écart entre un million de personnes et 400 000 postes à temps plein résume la réalité du métier : des contrats courts en durée hebdomadaire, souvent cumulés chez plusieurs employeurs. Une auxiliaire de vie peut intervenir chez trois ou quatre personnes âgées dans la semaine, une salariée du ménage chez autant de foyers. Chaque contrat compte dans les statistiques d'emploi, sans que le volume d'heures par salarié atteigne celui d'un poste classique.

Pourquoi les nombres de salariés divergent

Le nombre de salariés publié varie selon l'organisme qui compte et la date retenue. La Fédésap cite 1,6 million de salariés et « plus de 900 millions d'heures » par an, sans date ni source sur sa page de chiffres clés. L'Insee raisonne sur 2019, le portail public sur 2021 pour l'effectif et sur 2024 pour les heures. Avant de reprendre un chiffre dans une étude ou un business plan, il faut donc noter l'édition et le périmètre : emploi direct seul, organismes seuls, ou les deux réunis.

Organismes : 82 776 structures déclarées au 1er janvier 2025

Les organismes de services à la personne sont 82 776 au 1er janvier 2025, selon la base NOVA citée par le portail public. Leur répartition penche nettement vers le privé lucratif :

  • 91 % d'entreprises, micro-entrepreneurs compris ;
  • 7,5 % d'associations, très présentes dans l'aide aux personnes âgées et en situation de handicap ;
  • 1,5 % d'établissements publics, comme les centres communaux d'action sociale.

La Fédésap avance de son côté le nombre de 18 000 organismes, sans indiquer à quoi il correspond. La différence avec les 82 776 déclarations NOVA tient vraisemblablement au périmètre : une déclaration en base ne garantit pas une activité régulière, et une fédération peut ne compter que les structures qui emploient des salariés. Aucune des deux pages ne le précise ; le lecteur doit le garder en tête.

Pour un particulier, ce nombre élevé signifie surtout que l'offre est fragmentée : à côté des réseaux nationaux, des milliers de petites structures locales proposent le ménage, le repassage ou le jardinage. Les critères pour choisir une agence de ménage prennent alors plus d'importance que la notoriété d'une enseigne.

Qui fait appel aux services à la personne ?

Les ménages utilisateurs de services à la personne sont 3,9 millions en 2019, soit 13,8 % des ménages de France métropolitaine, de Martinique et de La Réunion, selon l'étude de l'Insee publiée en mars 2025 (Insee Première n° 2042). Entre 2013 et 2019, leur nombre progresse de 270 000, soit +7,5 %, contre +4,5 % pour l'ensemble des ménages.

Le taux de recours varie fortement selon le profil du foyer :

  • 41 % des ménages dont la personne de référence a 80 ans ou plus ont recours à ces services, 44 % parmi les personnes de cet âge vivant seules ;
  • 40 % des 10 % de ménages au niveau de vie le plus élevé y font appel ;
  • 20 % des 10 % de ménages âgés les plus modestes, signe que l'aide à domicile des seniors dépasse les questions de revenus.

La géographie compte aussi. Le taux de recours atteint 19,8 % en Vendée et tombe à 5,7 % en Seine-Saint-Denis. Les écarts traduisent la structure par âge de la population, le revenu des familles et l'offre disponible localement. Le recours se partage entre deux usages : le service de confort (ménage, repassage, petit jardinage), concentré chez les actifs aisés, et l'accompagnement de la perte d'autonomie, qui concerne l'ensemble de la population âgée. Ces taux de recours renvoient à des besoins distincts selon l'âge, le revenu et le cadre de vie quotidien du foyer.

Particulier employeur, mandataire ou prestataire

Le particulier employeur reste un acteur central des services à la personne, mais l'emploi direct recule. L'Urssaf publie chaque trimestre ses données sur les particuliers employeurs ; deux de ses notes récentes, recensées par le portail public, portent des titres explicites : « Après trois années d'orientation à la hausse, le nombre d'heures déclaré par les particuliers employeurs diminue en 2024 » (septembre 2025), puis « Le recul de l'emploi direct des particuliers employeurs s'accentue en 2025 » (juillet 2026).

Trois modes d'intervention se partagent le marché :

  • l'emploi direct : le particulier recrute, déclare et paie lui-même son salarié, en général par le chèque emploi service universel (Cesu) ;
  • le mode mandataire : un organisme recrute et gère les formalités, mais le particulier reste l'employeur au sens du code du travail ;
  • le mode prestataire : l'organisme emploie l'intervenant et facture une prestation, le foyer n'a aucune obligation d'employeur.

Le glissement de l'emploi direct vers le prestataire s'explique en partie par la simplicité : plus de bulletin de salaire à gérer, un remplaçant en cas d'absence, un interlocuteur unique. Les notes de l'Urssaf mesurent ce mouvement sans en donner les causes ; les fédérations du secteur l'attribuent aussi à la difficulté de recruter seul un salarié disponible.

Quelle source pour quel chiffre clé ?

Les chiffres clés du secteur proviennent de producteurs différents, qui ne mesurent ni la même chose ni la même période. Le tableau compare les principaux indicateurs disponibles en octobre 2026.

IndicateurValeurDate de référenceProducteur
Chiffre d'affaires22,8 milliards d'euros2024Portail public des SAP
Heures travaillées884 millions2024Portail public des SAP
Salariés1,3 million2021Portail public des SAP
Salariés et équivalents temps pleinUn peu plus d'un million, 400 000 ETP2019Insee
Organismes déclarés82 7761er janvier 2025Base NOVA
Ménages utilisateurs3,9 millions (13,8 %)2019Insee
Salariés selon la fédération1,6 millionNon préciséeFédésap

Les données de la Dares sur les organismes, dont la dernière publication porte sur 2021 (avril 2024), complètent ce panorama pour qui cherche le détail par activité.

Les 26 activités et les avantages fiscaux

Les services à la personne regroupent 26 activités définies par la réglementation, que le portail public liste sous ce titre. Elles se rangent en trois familles : les services à la famille (garde d'enfants, soutien scolaire, cours à domicile), les services de la vie quotidienne (ménage, repassage, petit jardinage, petit bricolage, assistance informatique) et l'aide aux personnes âgées, dépendantes ou en situation de handicap.

Le principal levier du secteur reste fiscal. Le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile égale 50 % des dépenses payées dans l'année, dans la limite d'un plafond qui dépend de la situation du foyer, selon la fiche « Crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile » de service-public.fr, vérifiée le 15 avril 2026. Il bénéficie aux actifs comme aux retraités, ce qui distingue ce dispositif d'une simple réduction d'impôt. Le détail des plafonds et des justificatifs figure sur notre fiche consacrée au crédit d'impôt pour une femme de ménage.

La Fédésap chiffre ce crédit d'impôt à 7,2 milliards et l'ensemble des dépenses publiques associées (APA, PCH, complément de libre choix du mode de garde, crédit d'impôt) à environ 5 milliards, des montants difficiles à concilier en l'état et publiés sans date. La fédération affirme aussi que chaque euro de dépense publique rapporte 1,48 euro de recettes ; aucune étude publique n'est citée pour étayer ce ratio, qu'il faut lire comme un argument de plaidoyer. Pour les foyers, la nouveauté attendue concerne l'avance immédiate du crédit d'impôt, prévue au plus tard le 1er septembre 2027 pour certaines situations selon service-public.fr : elle évite d'attendre la déclaration de revenus pour bénéficier de l'avantage fiscal.

Ce que disent ces chiffres sur l'avenir du secteur

La demande de services à la personne devrait fortement progresser d'ici 2050. Dans son scénario central, l'Insee projette environ 5 millions de ménages utilisateurs, soit +27 % par rapport à 2019, dans une fourchette de 4,4 à 5,5 millions selon les hypothèses. Le vieillissement de la population explique 85 % de cette hausse, la croissance démographique 10 % et l'évolution de la composition des ménages 5 %. La projection de l'Insee annonce une forte hausse sur la façade atlantique, environ +45 % du Morbihan aux Landes, et de 30 % à 48 % dans le Sud-Est, contre 20 % seulement dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes ; Paris resterait stable et la Martinique reculerait de 3 %.

Côté travail, l'Insee estime les besoins entre 100 000 équivalents temps plein supplémentaires (environ 300 000 salariés) à comportements constants et 170 000 (environ 500 000 salariés) si l'on intègre l'effet du vieillissement sur la dépendance. Environ 800 000 salariés actuels auront dépassé 65 ans à cet horizon et devront être remplacés. La direction générale des Entreprises, dans son Théma n° 15 de novembre 2023, compte 18,6 millions de personnes de plus de 60 ans en 2023 et en prévoit 20,8 millions en 2030.

Recruter dans un secteur en tension

Le recrutement dans les services à la personne constitue le principal frein à la croissance. Les métiers d'aide à domicile combinent temps partiel subi, déplacements entre domiciles et faible reconnaissance, ce qui explique que la CCI d'Occitanie parle d'un « secteur en tension ». Une structure qui veut se développer doit donc soigner l'organisation des tournées, la formation et la fidélisation de ses équipes autant que sa prospection. Pour qui envisage de créer une entreprise de ménage à domicile, ces chiffres de demande croissante sont une opportunité, à condition de prévoir dès le départ comment trouver et garder des intervenants.

Ces projections reposent sur des comportements de recours observés en 2019. Une évolution des aides publiques, du crédit d'impôt ou des prix modifierait la trajectoire ; aucune source ne chiffre aujourd'hui cet effet.

Chiffres des services à la personne : trois points souvent mal lus

Quel est le chiffre d'affaires des services à la personne ?

Le chiffre d'affaires des services à la personne atteint 22,8 milliards d'euros en 2024 selon le portail public servicesalapersonne.gouv.fr. La Fédésap cite « environ 23 milliards » sans date de référence.

Combien de ménages ont recours aux services à la personne ?

Les ménages qui ont recours aux services à la personne sont 3,9 millions en 2019, soit 13,8 % des ménages, d'après l'Insee. L'institut en attend environ 5 millions en 2050.

Comment déclarer des services à la personne ?

Un particulier qui emploie directement un salarié le déclare en général par le Cesu, ou par Pajemploi pour la garde d'enfants. Un organisme qui veut ouvrir droit au crédit d'impôt pour ses clients dépose une déclaration d'activité sur l'extranet NOVA. Avec un prestataire, le client n'a aucune déclaration d'employeur à faire.

Mise à jour le 13 octobre 2026, d'après les publications en ligne de l'Insee, du portail public des services à la personne, de service-public.fr et de la Fédésap.

Mis en ligne le - Dernière mise à jour :

Nouveaux guides du carnet

À lire également

↑